Un festival d’opportunités

A lire l’article de Fanz Yo consacré au Festival international des scénaristes

Différents scénarios sont possibles pour entrer dans la profession de scénariste. Mais pour les jeunes en voie de professionnalisation, le festival international des scénaristes de Valence peut représenter un véritable tremplin.


Si écrire un scénario nécessite d’avoir une belle plume et de l’imagination, il est néanmoins conseillé de faire des études dans le domaine dela littérature ou de l’audiovisuel. Si vous désirez poursuivre après le bac, il peut être intéressant, par exemple, de préparer une licence (bac + 3) « arts du spectacle – cinéma » (Paris 8) ou « études cinématographiques et audiovisuelles » (Sorbonne Nouvelle). Après un bac + 2 (BTS, DUT, L2), il est possible d’intégrer, sur concours, La Fémis - Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son. Très prestigieuse, l’école délivre, à l’issue de 4 ans d’études, un diplôme spécialisation scénario (bac + 6). L’autre école très reconnue axée sur le scénario est le Conservatoire européen de l’écriture audiovisuelle à Paris.

Bienvenue dans le monde du travail Une fois le cursus achevé, bienvenue dans le monde du travail. Mais comment travaille-t-on justement, lorsqu’on est « officiellement » devenu scénariste ?
« Il y a multiples cas de figure, souligne Isabelle Massot, fondatrice de l’association Scénario au long court et déléguée générale du Festival international des scénaristes, un scénariste peut travailler très différemment en fonction du genre pour lequel il exerce et aussi de la façon dont les équipes sont montées. La tradition du cinéma français est d’être un cinéma d’auteur. Le réalisateur est l’auteur du film. Ce que l’on ignore souvent c’est que très peu de réalisateurs écrivent leur film tout seuls. Ils font appel généralement à un coscénariste. C’est un travail d’équipe, ce sont des couples réalisateur-scénariste qui se rencontrent au fil des carrières, se forment et qui continuent souvent à travailler ensemble. Il y a des affinités qui se créent et se poursuivent de film en film. Au cinéma, en général, c’est quand même le réalisateur qui initie le plus souvent les projets. C’est quelque chose qui est très spécifique au cinéma mais qui est en train de changer avec les nouvelles générations.

Les jeunes réalisateurs font des binômes réalisateur-scénariste beaucoup plus marqués et ce qui change aussi, c’est le fait que le scénariste est en capacité, beaucoup plus qu’avant, de pouvoir monter un projet autour duquel un film sera construit. Après il y a des besoins de scénaristes sur des tas d’autres projets, dans le documentaire, sur le Web, dans l’interactif, l’adaptation d’une bande dessinée… »
Avant tout, un scénariste est quelqu’un qui aime écrire, vraiment. Les scénaristes qui travaillent écrivent des pièces de théâtre, des bouquins, sont aussi journalistes, chroniqueurs… Ils écrivent beaucoup, tout le temps. « Les scénaristes qui travaillent sont débordés et multiplient les projets, confirme Isabelle Massot, d’autant plus que pour faire du cinéma maintenant c’est compliqué. Beaucoup de projets tombent à l’eau. Aux États-Unis, ce qui est bien c’est que vous pouvez créditer sur votre CV des films qui ne se sont pas fait, ce qui est très courant. En France on ne met pas ces films, qui sont pourtant les plus nombreux, sur les CV. C’est un peu comme si le scénariste était responsable du fait que le film ne soit pas monté. La télévision, c’est un peu différent puisque cela fonctionne sur des projets menés par des scénaristes que ce soit en France, aux États-Unis et partout. De plus en plus fréquemment, les scénaristes se montent en atelier, comme par exemple les scénaristes de l’Atelier du soir qui s’est monté il y a sept ans et a fait plein de petits.

Aujourd’hui, les scénaristes se regroupent, souvent ils louent un local où ils viennent discuter entre eux sur des projets qu’ils sont en train d’écrire. Pour trouver des idées lorsqu’ils sont coincés sur une scène et surtout pour être plus forts vis-à-vis de ce qu’ils peuvent avoir comme commande de la part des chaînes de télévision ou
des producteurs. »

Mutualisation des compétences. L’heure est à la mutualisation. Des compétences, des qualités. La profession est devenue beaucoup plus pluridisciplinaire, la jeune génération s’intéresse à beaucoup de choses et n’a pas peur de porter différentes casquettes. Le festival international des scénaristes a suivi cette évolution de la
profession. Notamment en 2004 avec la création des Rencontres Européennes de l’écriture de l’image, la manifestation est devenue le carrefour annuel incontournable pour les scénaristes, les producteurs et les professionnels de l’audiovisuel.
« Sur le festival, au début nous étions vraiment centrés sur le cinéma, souligne Isabelle Massot, puis nous avons fait entrer la télévision et maintenant nous sommes vraiment complètement pluridisciplinaires parce que le festival ressemble à l’air du temps. On y retrouve l’animation, le Web, l’écriture sonore, l’écriture musicale, la télévision, le cinéma, l’adaptation audiovisuelle... Toutes ces disciplines nous ont rejoint et enrichissent le festival, naturellement parce que cela ressemble à la réalité des scénaristes. »

The place to be, comme on dit. Surtout pour celles et ceux qui démarrent dans la profession et pour qui le festival peut représenter un formidable marche pied permettant de passer au niveau supérieur « Il y a beaucoup de sections qui permettent de découvrir les jeunes talents, confirme Isabelle Massot, ils écrivent sur place pendant le festival. Je voulais éviter un festival de colloques ou de débats sur la profession de scénariste. Je voulais vraiment que ce soit un festival actif et qui permettent justement de mettre le pied à l’étrier aux jeunes qui démarrent. Pour ça ils peuvent répondre à plusieurs catégories du festival. Il y a un appel à candidature qui permet d’aller dans les workshops (animation, télévision, Web), ou de participer au marathon d’écriture de court-métrages en 48 heures où vous écrivez un court métrage pendant 48 heures, sur place, pendant le festival. Il y a aussi la possibilité de participer dans la section long métrage qui permet de présenter devant le public du festival votre projet de long-métrage ou d’adaptation audiovisuelle. Ce sont des petites boîtes qui se mettent en place et qui permettent de couvrir toutes ses sections pluridisciplinaires qui correspondent à la réalité du métier. Lorsque vous êtes sélectionnés, vous participez au festival et vous avez en plus la chance, dans toutes ses sections, d’être parrainé par un producteur et un scénariste
très confirmés. »

Accréditations « bleues » L’occasion rêvée de faire des rencontres, de basculer de l’autre côté, commencer à se faire un carnet d’adresses, être aidé. Et, contrairement aux idées reçues, les professionnels sont ravis d’aider les jeunes, de les encourager, de lire ce qu’ils font et d’accompagner leurs premiers pas dans le métier. « Nous avons sur le site d’un système d’accréditation ouvert dès le mois de février, conclut Isabelle Massot, pour les professionnels d’une part, mais aussi des accréditations « bleues » réservées aux jeunes en voie de professionnalisation, qui se destinent soit à la réalisation, soit à l’écriture et qui ont envie de mieux connaître le métier. On les appelle les bleus parce qu’ils sont bleus dans le métier bien sûr. Ils peuvent prendre cette accréditation et venir sur le festival où ils apprendront énormément de choses parce qu’il y a des ateliers spéciaux pour eux. On les pousse à pitcher leur projet, rencontrer des producteurs, écouter les autres présenter leur projet. En quatre jours ils ont vraiment un aperçu de la réalité de ce qui se passe et de ce que cela veut dire de devenir scénariste. »

Festival international des scénaristes de Valence
du 2 au 6 avril 2014.
www.scenarioaulongcourt.com/

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