Rencontre avec Dan Franck

« Ecrire un scénario, c’est de toute façon partir d’une contrainte, la première étant celle du temps. Une série c’est 52 minutes, un film 1h30. »

« Quand j’écris un roman , je suis un artiste, quand j’écris un scénario je suis un artisan. »

« En France, le créateur d’une série doit souvent se battre avec le metteur en scène, contrairement aux Etats-Unis. »

« Netflix peut faire peur mais elle va forcer les chaînes traditionnelles à s’adapter et c’est pas plus mal. »

« En travaillant pour Netflix, je n’avais aucune contrainte, j’étais libre. Par exemple, le maire de Marseille prend de la coke, ce qui est impossible ailleurs. »

« On n’écrit pas de la même façon pour une chaîne que pour une autre, mais ça fait partie des contraintes amusantes. »

« En France, dans nos séries y’a que des flics. »

" Etre scénariste, c’est d’abord avoir des idées, un imaginaire. Au final, c’est très compliqué de trouver des scénaristes capables de s’adapter. Certains sont par exemple très à l’aise pour écrire un unitaire télé mais pas un 52 minutes, et inversement... »

« Les jeunes auteurs élévés aux séries américaines peuvent apprendre de nouvelles choses à ceux de ma génération, quand nous, nous pouvons leur apprendre certaines règles : la transmission est réciproque. »

« Dans une bonne littérature, le lecteur peut s’ennuyer. Le spectateur de série, non. Les séries ne demandent pas d’effort, elles sont addictives, mais est-ce qu’elles nous nourissent ? La littérature de ce point de vue est plus exigeante. »

« J’ai toujours plusieurs projets à la fois, ça me permet de prendre du recul. »

« Je suis très sensible au droit d’auteur. »

« Je déteste quand les réalisateurs, alors qu’ils sont sensés co-écrire, arrivent une fois que tout est prêt et ne font que signer. Je me bats contre ça. »

« Pour écrire des scénarios, il ne faut pas tourner autour du pot, il faut prendre ça comme un jeu, ne pas se prendre au sérieux. »

« En France on est peut-être 4 ou 5 écrivains à écrire des scénarios. Pas plus. »

« J’ai de la chance, j’écris vite. Pour Marseille, j’ai écrit le pilote et les arches en 2 mois. Et tout, les 8 épisodes, en 8 ou 10 mois. »

« Quand vous envoyez un scénario aux chaînes, le temps qu’elles répondent, vous avez le temps d’en écrire 2 autres. »

« Les trois conseils que j’aurais à vous donnez c’est privilégier le matin, relire le soir pour préparer le travail du lendemain et surtout prévoir le redémarrage : il ne faut pas s’arrêter en étant bloqué, il faut être sûr de savoir où on va. Quand on peine, il faut insister. »

« On ne parle pas assez des producteurs, ils font un travail formidable. »

« Je n’ai jamais eu envie de réaliser. »

« Le dialogue, c’est la signature de l’auteur. Mais bizarrement en France, les metteurs en scène n’aiment pas les dialogues. »

« Quand on se rend compte que les comédiens ne sont pas bons dans la saison 1, on peut les tuer dans la saison 2. »

« Je me demande bien pourquoi Netflix m’a choisi. Sur les 50 auteurs, j’étais le seul qui parlait pas anglais. Vous imaginez les réunions... »

« J’ai été nègre entre mes 20 et 35 ans, j’ai beaucoup écrit pour les autres. J’ai écrit un livre pour Zidane. Quand je lui ai dit : « je sais pas pourquoi on m’a choisi pour écrire ton bouquin, j’y connais absolument rien en foot », il m’a répondu : « Tu crois que j’ai déjà lu un livre ? » »

« Ce que j’aurais écrit sur le sujet que j’ai donné au marathon d’écriture ? Si j’avais dû y participer, je n’aurais jamais choisi ce sujet. »