Première interview : Jean-Marie Roth !

On fonce à la Cartoucherie ! Interview speed avec Jean-Marie Roth !

« Ça fait trois fois que je viens à Valence. C’est un festival indispensable pour les scénaristes, il n’y en a pas d’autres en France. Le festival aide les auteurs débutants, les confirmés, les producteurs, ça crée un lien qui permet aux auteurs de sortir de leur solitude. »

Durant le festival, Jean-Marie anime des ateliers et masterclass qui lui permettent de se rapprocher des auteurs et « de les aider, ce que j’adore faire ! ». « Il y a un moment donné où on parle de théorie, mais toujours dans le cadre de la convivialité », car Jean-Marie est aussi enseignant, et donne des cours semi-professionnels (il a enseigné au CEEA, à l’université Paris Nanterre, etc.). « Il y a quelque chose de très important dans mon métier : je n’essaye jamais de demander à un auteur de faire en sorte que son scénario réponde aux règles. Ce que je veux c’est trouver les structures qui permettent de répondre à l’attente et à ce que veut faire l’auteur. » Il ne cache pas son plaisir et son enthousiasme. « J’ai un vrai amour pour les auteurs, je veux les aider, insiste-t-il. »

Jean-Marie Roth est l’auteur de L’écriture de scénarios, ouvrage clé aux côtés de La Dramaturgie de Yves Lavandier ou l’Anatomie du Scénario de John Truby. « Quand je me suis intéressé au scénario, j’ai cherché dans les livres, puis j’ai essayé de comprendre tout seul comment ça fonctionnait. » Il explique que dans son travail, dans son écriture, « on part de l’idée pour arriver à la structure ». Mais il nous avoue que la méthode qu’il a conçue depuis la publication de son livre se développe au fil de son propre apprentissage. « Je n’ai pas fini d’apprendre. La dramaturgie évolue. C’est pour ça que tous les deux ans je renouvelle mon livre. »

Cette évolution dans l’écriture se nourrit de nouvelles formes de création. « La mouvance du scénario n’est pas finie, loin de là. L’apport des séries est quelque chose qui fait bouger la dramaturgie. » Puis, Jean-Marie nous rassure : « Il n’y a pas que les grandes règles, il y a aussi d’autres choses qui vont faire un film, une série, une histoire. Dans le cinéma, il y a 70% de films qui répondent aux règles fondamentales. » Les 30% restants font fi de ces règles et fonctionnent pourtant très bien !

Pour finir l’interview, nous interrogeons Jean-Marie sur le dernier film qui l´a interpelé : Les Heures Sombres (Joe Wright, 2017), le biopic sur Winston Churchill interprété par Gary Oldman qu’il compare au film Lincoln (Steven Spielberg, 2012). « Je trouve [le film de Wright] mieux réussi. » En effet, dans les deux films le contexte historique est déjà connu du public, l’histoire de Churchill, puis celle de Lincoln. « Mais Spielberg nous file des faux-suspenses qui, je trouve, ne tiennent pas, là où dans Les Heures Sombres il n’essaie pas de faire un suspense autour. Et j’ai trouvé ça beaucoup plus malin. »

Jean-Marie Roth a récemment publié en novembre 2017, L’enfer en 11 lettres qu’il adapte en ce moment en scénario ainsi qu’un autre livre qui reste encore secret...