Le temps des questions-réponses : Mode d’emploi du démarchage des producteurs.

Les Bleus ont profité d’une séance de questions ouvertes avec Marie Servane Bargy et Christelle Georges, respectivement agent d’auteurs et scénariste, pour poser la fameuse question : C’est quoi le mode d’emploi pour trouver un producteur ?

-  Comment bien démarcher les producteurs sans être intrusif ni impoli ?
Au préalable, il faut mieux passer un coup de fil avant d’envoyer le scénario : « cela permet de se présenter rapidement et surtout de demander si c’est un bon moment pour envoyer le projet » en fonction des disponibilités des producteurs.
Il ne faut pas oublier que parfois les producteurs, agents ou autres n’ont vraiment pas le temps de lire à cause de leur travail par nature chronophage. « Être lu n’est pas un dû » : beaucoup trop de scénaristes pensent à tort que le travail des producteurs se résume à la recherche de nouveaux projets et qu’ils doivent lire tous les scénarios dans l’immédiateté.
« Il faut changer d’angle et relativiser les choses si l’on ne veut pas se fermer des portes à vouloir à tout prix se faire produire. Vous avez envoyé un texte à quelqu’un qui ne nous connaît pas et qui ne vous doit rien ». De ce postulat, il est logique et préférable de rencontrer les producteurs, même de manière informelle en soirée ou en festival sans avoir forcément parlé du projet, avant de lui envoyer un mail.
on évite les mails à la chaîne à 150 destinataires en copie et autre message commun. Un producteur se choisit en fonction de la ligne éditoriale de sa structure. Même s’il ne nous connaît pas (encore), on s’assure que le projet qu’on lui soumet peut faire partie de ses productions.
Lorsqu’on n’a pas de retour, on peut se permettre de rappeler quelques mois plus tard (et on se contente d’un autre petit coup de fil cordial, sans pression). La voix au téléphone, comme la rencontre, aide les producteurs à personnifier le nom sur le scénario.
Les producteurs ne font pas de retour sur les projets qu’ils ne veulent pas. « Ils ne sont pas payés pour passer du temps à rediriger un auteur qu’ils ne signeront pas. S’ils le font, ça peut arriver, restez ouvert d’esprit et n’essayez pas de les convaincre que leurs remarques sont injustifiées, même si vous n’êtes pas d’accord avec eux. Ce n’est pas le moment pour les convaincre en les agressant verbalement qu’ils n’ont rien compris à votre film, car ils vous ont déjà gentiment dit « non ». Et si vous voulez qu’ils vous proposent de leur envoyer la prochaine version, restez positifs. »

-  Quand on est scénariste et pas auteur-réalisateur, à quelle étape d’écriture faut-il mieux faire lire le projet et commencer à démarcher les producteurs ?
« Pour les 2 cas, plus c’est court, mieux c’est. Car tant que vous n’avez personne d’intéressé par le projet, vous écrivez sans rémunération. On appelle ça dans le jargon : « le développement on spect » (en spéculation). Mais si on est jeune auteur, c’est important d’avoir une bonne version dialoguée, car le producteur a besoin de s’assurer de quoi vous êtes capable et de saisir votre univers. Pour un scénariste pur et dur, plutôt que de chercher directement le producteur qui peut avoir du mal à vous dire « oui » en l’absence de réalisateur, il faut mieux trouver le réalisateur avant. » Peut-être que démarcher les productions à 2, c’est 2 fois plus de chance de trouver le bon producteur…
Les producteurs et les chaines sélectionnent de préférence le projet sur le pitch et le traitement. « C’est plus facile pour eux de vous donner des indications d’écriture en fonction de leurs contraintes. N’oublions pas qu’ils aiment, de par leur métier, prendre part au processus de création. »
Pour la série, on ne présente que la bible. Sauf pour les shortcoms, des sketches très courts où l’on propose quelques exemples d’épisodes dialogués pour illustrer la bible.

crédits dessin : Tom Gauld