Journal de bord du soldat scénariste inconnu Jour 4

4e jour de guerre scénaristique et bientôt la victoire !

09h00 : C’est encore le branle-bas de combat sous la grande tente du Pop-Up Cabaret. J’ai déjà pris mon paquetage, carnet, stylo, ordinateur portable - pour faire moderne - et un sourire « bright » à toute épreuve. Cette journée sera la journée de la victoire, remise des prix, ou ne sera pas.

10h00 : On se perd dans le labyrinthe de Valence qui veut nous engloutir, on tire à vue et à la plume, on se jette dans une rixe de pitchs qui éclate sans prévenir. LA SACD organise un module sur le premier contrat, le premier mais peut-être le dernier, qui sait ? Qui peut dire qui sera encore vivant demain pour témoigner ? Pour la première fois à Valence, je crains pour ma vie.

11h00 : On nous présente le module « Destins animés », si l’on me parle de destin c’est que je ne suis peut-être pas sur le point de mourir immédiatement et cela me rassure, ou est-ce un piège ? Un odieux traquenard ? Pire, une machination ? Suis-je moi-même le héros de mon propre scénario ? Suis-je réel ? Un scénariste propose de partir sur une grande arche avec tous les animaux de la Création, une sorte de grand bateau, un ferry ou quelque chose comme ça, je ne connais pas bien les détails mais il paraît que c’est tiré d’une histoire très connue, l’Arche de, de...de... - Bref.

14h00 : Je croise mon pote Noé à la sortie du module. Chic type ! Ça balance pas mal au module des auteurs, à Valence aussi et pourquoi pas à Paris. Nous nous restaurons et je commence franchement à sentir les conséquences de quatre jours de sandwichs – suis-je le seul ? Mystère. Au même instant, à des millions de millimètres de là se tient le module des portraits sonores.

16h30 : Il paraît que des femmes se sont réunies autour de la question de la femme dans la guerre scénaristique et cinématographique. Pendant ce temps, des hommes se demandent pourquoi ils n’ont jamais fait de conférence sur la place de l’homme dans cette lutte.

17h00 : Le soldat scénariste, Guillaume Laurant, le poitrail tapissé de belles médailles parfaitement méritées, nous parle de son début de carrière dans le métier des armes de la plume. Nous sommes tous bouche-bée et nous ouvrons grand les yeux devant ce soldat qui parle simplement et avec des yeux pétillants. Bien qu’il ne soit plus un poulain et qu’on ne puisse dire de lui qu’il fasse jeunet, Guillaume Laurant reste fringant et vif pour notre plus grand plaisir !

18h00 : Des scénaristes tentent alors à 0,02 kilomètre de présenter leur projet. L’accueil est chaleureux et les idées fusent pour que la télévision qui se trouve à plusieurs centaines de milles marins offre le fruit de tant de combats et de luttes.

20h00 : Victoire ! Victoire ! On court dans les rues en riant hystériquement, on s’embrasse, on s’accole, on se jure fidélité éternelle et éternel retour. On s’aime ! Il est temps de remettre les médailles aux plus valeureux soldats, ceux qui luttent non-stop depuis 48h et que l’on appelle entre nous les marathoniens. Il y a aussi le grand général en chef Agnès de Sacy qui nous illumine par son visage élégant et franc, son sourire chaleureux et son sens de l’humour qui désamorce toujours la tension des situations difficiles. Le maître de cérémonie se permet même un peu de piano. C’est la fin des tensions et de la guerre ! La page blanche a été repoussée avec brio et nous ne déplorons presque aucune victime - presque.

23h00 : Nous partons tous dans des grands camions de transport de troupes qui nous amènent vers le lieu des festivités célébrant la paix et l’armistice. La petite coupe offerte humecte nos lèvres avec délice et c’est le début du Grand Relâchement !

01h00 : Danses, fous-rires, embrassades, clins d’œil et œillades ; puis les petits mots échangés, les caresses dissimulées et toutes ces choses que l’on se doit de taire pour garder un peu de décence.

03h00 : Vieux dicton millénaire : « ce qui se passe la nuit à Valence, reste à Valence ». Et pourtant il y en aurait des choses à dire, ne serait-ce que sur D. ou A. ou encore L. et puis M., ah oui M. ça s’est sûr, sacrée M., il y en aurait des choses à dire ! Mais voilà, la nuit est là et il faut savoir arrêter le combat et poser les armes, comme la plume.

SC